Takaisin

- Saint-Denis
Paroles : Fabien Marsaud
Maison de production : Az / Universal

J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit.
J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi.
J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi.
J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis.
Prends la ligne D du RER et erre dans les rues sévères d’une ville pleine de caractère.
Prends la ligne 13 du métro et va bouffer au McDo ou dans les bistrots d’une ville pleine de
bonnes gos et de gros clandos.
Si t’aimes voyager, prends le tramway et va au marché. En une heure, tu traverseras Alger et
Tanger. Tu verras des Yougos et des Roms, et puis j’t’emmènerai à Lisbonne. Et à 2 pas de
New-Deli et de Karashi (t’as vu j’ai révisé ma géographie), j’t’emmènerai bouffer du Mafé à
Bamako et à Yamoussoukro.
Si tu préfères, on ira juste derrière manger une crêpe là où ça sent Quimper et où ça a un petit
air du Finistère.
Et puis en repassant par Tizi-Ouzou, on finira aux Antilles, là où il y a des grosses re-noi qui
font « Pchit, kaou ka fé là ma fille ! »
Au marché de Saint-Denis, faut que tu sois sique-phy. Si t’aimes pas être bousculé tu devras
rester zen, mais sois sûr que tu prendras des accents plein les tympans et des odeurs plein le
zen.
Après le marché on ira ché-mar rue de la République, le sanctuaire des magasins pas chers, la
rue préférée des petites rebeus bien sapées aux petits talons et aux cheveux blonds peroxydés.
Devant les magasins de zouk, je t’apprendrai la danse. Les après-midis de galère, tu
connaîtras l’errance. Si on va à la Poste, j’t’enseignerai la patience…
La rue de la République mène à la Basilique où sont enterrés tous les rois de France, tu dois le
savoir ! Après Géographie, petite leçon d’histoire.
Derrière ce bâtiment monumental, j’t’emmènerai au bout de la ruelle, dans un petit lieu plus
convivial, bienvenue au Café Culturel. On y va pour discuter, pour boire, ou jouer aux dames.
Certains vendredi soir, y’a même des soirées Slam.
Si tu veux bouffer pour 3 fois rien, j’connais bien tous les petits coins un peu poisseux. On y
retrouvera tous les vauriens, toute la jet-set des aristocrasseux.
Le soir, y’a pas grand chose à faire, y’a pas grand chose d’ouvert. A part le cinema du Stade,
où les mecs viennent en bande : bienvenu à Caillera-Land. Ceux qui sont là rêvent de dire un
jour « je pèse ! » et connaissent mieux Kool Shen sous le nom de Bruno Lopez.
C’est pas une ville toute rose mais c’est une ville vivante. Il s’passe toujours quelqu’chose,
pour moi elle est kiffante.
J’connais bien ses rouages, j’connais bien ses virages, y’a tout le temps du passage, y’a plein
d’enfants pas sages, j’veux écrire une belle page, ville aux 100 mille visages, St-Denis-centre
mon village.
J’ai 93200 raisons de te faire connaître cette agglomération. T’as autant de façons de
découvrir toutes ses attractions.
A cette putain de cité j’suis plus qu’attaché, même si j’ai envie de mettre des taquets aux
arracheurs de portables de la Place du Caquet.
St-Denis ville sans égal, St-Denis ma capitale, St-Denis ville peu banale… où à Carrefour tu
peux même acheter de la choucroute Hallal !
Ici on est fier d’être dionysiens, j’espère que j’t’ai convaincu. Et si tu m’traites de parisien,
j’t’enfonce ma béquille dans l’….
J’voudrais faire un slam pour une grande dame que j’connais depuis tout petit.
J’voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi.
J’voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j’ai grandi.
J’voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu’on appelle Saint-Denis